L’intégration du développement durable en milieu hospitalier
Les établissements de santé français contribuent à hauteur de 3,5 % à la production nationale de déchets, utilisent 1 000 litres d’eau par jour et par patient, consomment 15 % de l’énergie du secteur tertiaire et emploient plus de 1,2 million de professionnels… Ces chiffres parlent d’eux-mêmes et justifient que l’intégration du développement durable en milieu hospitalier devienne une priorité.
Le développement durable a été formalisé dans le rapport Bruntland de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement en 1987 par la définition suivante : « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins ». Il s’appuie sur trois piliers fondamentaux et historiques : l’environnement, le social et l’économique, ces deux derniers étant souvent relégués au second plan, à tort. C’est le souci environnemental qui a donné lieu à une réglementation foisonnante applicable aux établissements de santé, depuis plusieurs dizaines d’années : réglementation sur les déchets (déchets d’activité de soins à risques infectieux, effluents à risque toxique et infectieux…), réglementation thermique et acoustique, réglementation sur l’air intérieur ou encore sur la qualité de l’eau, sur les vigilances, etc.
En outre, les incitations à prendre en compte la durabilité du développement sont plurielles, que ce soit dans la certification HAS V2010, dont le chapitre 1 comprend 8 critères découlant de la notion de développement durable, ou encore dans les critères d’attribution des crédits du plan Hôpital 2012.
Réglementations et incitations sont donc là, tout comme l’intérêt à agir : le développement durable crée de la valeur, génère des retours sur investissement, fidélise les patients, améliore la qualité de vie au travail des professionnels…
Pourtant, les actions concrètes restent timides : ce sont les plus grands établissements qui prennent en compte le développement durable, et encore dans des limites raisonnables. Seuls 20 % des établissements disposent d’instances opérationnelles dans ce domaine, seuls 18 % ont adopté un plan stratégique d’actions. La prise en compte du développement durable est cependant manifeste dans plusieurs domaines : la démarche Haute Qualité Environnementale qui, peu formalisée, est en plein expansion (l’hôpital Sud Francilien d’Evry est aujourd’hui le seul à être certifié HQE), les achats publics ou encore la gestion des déchets hospitaliers.
Pour aller plus loin sur ce thème, le CNEH propose un
séminaire de formation qui permettra aux professionnels de s’engager dans l’action. Son ambition est d’apporter des réponses claires et opérationnelles aux questions suivantes :
- comment bâtir et formaliser la politique de l’établissement ?
- par quelles actions commencer ?
- quels plans d’actions mettre en place ?
- vers quels partenaires et référents se tourner ?